Surmortalité, natalité en berne | 2020 l’année des tristes records en Occitanie

22/04/2020, Perpignan, France, Hôpital et maternité pendant la crise sanitaire Coronavirus Covid-19 © Arnaud Le Vu / MiP / APM

En 2020, le déficit naturel s’est accentué en Occitanie. Les 57.331 naissances n’ont pas permis de combler les 62.495 décès dans la région. Depuis quelques années, et encore plus en 2020, le nombre de décès est supérieur au nombre de naissances. Toutefois, avec ses 5.986.000 habitants, l’Occitanie devient la 4e région française la plus peuplée, dépassant désormais les Hauts-de-France.

♦ Un déficit naturel qui se confirme en 2020

Depuis 2017, l’Occitanie connaît un déficit naturel qui s’accentue au fil des ans. Ce phénomène ne s’était pas produit depuis la fin des années 70. Le nombre de décès est supérieur au nombre de naissances ; mais les arrivées en provenance de l’extérieur de la région permettent néanmoins de conserver une croissance démographique soutenue. En 2020, l’Occitanie a vu sa population croître de 0,6%, contre seulement 0,2% en France métropolitaine.

Dans les Pyrénées-Orientales, l’Insee compte 6.006 décès pour seulement 4.334 naissances. Le chiffre des naissances est stable par rapport à 2019 (4.319). En revanche le nombre de décès a augmenté de 4,5% entre 2019 et 2020.

Évolution des naissances et des décès en Occitanie depuis 1975 © INSEE
Évolution des naissances et des décès en Occitanie depuis 1975 © INSEE

♦ Une surmortalité en Occitanie et en France

En 2020, 62.495 personnes sont décédées en Occitanie, toutes causes confondues ; soit 2.788 personnes de plus que l’année précédente. Cette hausse de 4,7% est inférieure à celle de la France métropolitaine (+8,9%). La région semble avoir été préservée de la pandémie lors de la première vague ; mais a été davantage touchée par la deuxième vague. D’où l’excédent de décès dès l’automne 2020.

Mais la Covid-19 n’est pas la seule responsable des décès dans la région. Il faut également tenir compte du vieillissement de la population ; la génération des baby-boomers arrivant à des âges avancés où la mortalité est plus importante. Malgré les différents progrès de la médecine concernant la prise en charge de certains cancers ou de maladies cardiovasculaires permettant d’augmenter l’espérance de vie, des phénomènes exceptionnels peuvent impacter le nombre de décès. En 2020, les plus âgés ont certes été fortement touchés par la pandémie ; mais le nombre de décès lié à la grippe ou aux accidents de la route a énormément diminué.

♦ Une hausse plus marquée chez les 65 ans et plus

La hausse des décès concerne notamment les 65 ans et plus. Le taux de mortalité de cette catégorie de la population s’établit à 39,1 décès pour 1.000 habitants ; contre 1,8 pour les moins de 65 ans. Par rapport à 2019, l’espérance de vie est revue à la baisse ; les femmes et les hommes perdent 0,2 année d’espérance de vie dans la région (respectivement 0,3 et 0,6 année en France métropolitaine). Cette diminution de l’espérance de vie en 2020 s’explique par la hausse des décès aux âges élevés.

En France, la mortalité a augmenté de 9,1% en 2020. 668.800 décès ont été enregistrés ; soit 55.000 de plus que l’année précédente. Aucune hausse si importante de la mortalité n’avait été signalée depuis 70 ans.

Même lors des années précédentes marquées par une forte épidémie de grippe saisonnière et des épisodes caniculaires ainsi que durant la canicule de 2003. Cette augmentation de la mortalité a surtout frappé les plus de 70 ans (+11% de décès comparativement à 2019).

Lecture graphique 1 : en 2020, le taux de mortalité, dit taux brut de mortalité, des 65 ans ou plus s’élève à 39,1 décès pour 1.000 habitants de la région. Le taux comparatif permet de déterminer une mortalité où les effets du vieillissement de la population auraient été gommés : il s’élève à 36,5 décès pour 1.000 habitants.
Lecture graphique 2 : en 2013, deux effets contraires ont joué sur l’évolution du nombre de décès : pris seul, le vieillissement de la population aurait dû être à l’origine de 1.799 décès supplémentaires. Mais les conditions de mortalité favorables ont évité 2 .313 décès. Il en résulte 514 décès de moins qu’en 2012.

♦ Une diminution de naissances qui se confirme

Pourtant nombreuses durant dix ans, les naissances ne cessent de fléchir depuis 2015. En 2020, 57.331 bébés ont vu le jour en Occitanie. Ils étaient 335 de plus en 2019. L’évolution des naissances s’explique par deux facteurs.

Le premier tient compte des femmes en âge d’avoir des enfants. Cette population diminue en France métropolitaine depuis 1990 ; mais reste stable en Occitanie. Le second facteur concerne l’évolution de la fécondité de ces femmes. Passant de 1,87 enfant par femme à 1,83 en 2015, il est désormais de 1,7 dans la région (1,8 en France métropolitaine). Enfin, les femmes ont leurs enfants de plus en plus tard ; à 31 ans en moyenne, contre 27 ans il y a quarante ans. La baisse des naissances entre 2019 et 2020 est donc le résultat d’une diminution de la fécondité.

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