Thierry Casasnovas passe en mode sous-marin avec Régénère

Thierry Casasnovasl’homme du Vallespir qui valait 80 millions de vues – a encore fait parler de lui dans sa dernière vidéo YouTube. Une sortie en guise d’au revoir public qui cumule les quelque 310.000 spectateurs à ce jour.

À rappeler que Thierry Casasnovas est sous une enquête préliminaire ouverte par le Parquet de Paris en juillet. Toujours en cours, cette enquête a été confiée à l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP). À l’origine, une suspicion “d’abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de la situation de faiblesse d’une personne particulièrement vulnérable” ; ou encore “une mise en danger de la vie d’autrui”. Le cas Casasnovas ? C’est également plus de 500 signalements auprès de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Alors pourquoi se retire-t-il de l’espace publique ? Pourquoi faudrait-il toujours s’inquiéter – ou non – de son activité via sa plateforme Régénère ? Qu’est-ce que cela signifie au juste ?

♦ Thierry Casasnovas cultive toujours le verbatim complotiste

« Je n’avais pas la possibilité de publier sur ma chaîne YouTube sans prendre le risque de la voir sauter; débute Thierry Casasnovas de manière solennelle. Je vais tout expliquer. (…) Si moi j’arrête, si je me retire complètement, cela ne veut pas dire que Régénère va arrêter« .

Il explique alors avoir subi deux avertissements successifs de la part de YouTube. « Au bout de la troisième c’est fini, c’est game over, comme dans les jeux vidéo ». Le Catalan se plaint alors d’un « déchaînement médiatique toute l’année 2020 et début 2021 à mon encontre ». Tout est renié en bloc. Il se justifie sous l’argumentaire « factuel » de ces vidéos en question bloquées. « Je suis épuisé par le harcèlement ». 

Tous les codes et le verbatim du complotisme sont bien là ; et pour Thierry Casasnovas, il n’y a pas débat. Pour se défendre, il cite Sylvie Simon, auteure de « Vaccin Hépatite B, les coulisses d’un scandale » : « (la Miviludes est) une police de la pensée, (…) et est le bras armé de l’Ordre des médecins ». Et il critique la crédibilité des signalements : « Quand on pense qu’il y a environ 110 millions de vues pour 600 signalements, pour moi, ce n’est rien du tout« .

♦ « Régénère présente des risques pour la santé des adeptes » – La Miviludes

Quelques chiffres émanés de son dossier administratif de la Miviludes – et demandé par l’intéressé – sont affichés dans sa vidéo. 13 signalements en 2014; 11 en 2015 ; 16 en 2016 ; 51 en 2017 ; 10 en 2018 ; et 220 signalements en 2017 sur une vidéo qui concerne Thierry Casasnovas.

Ce dossier envoyé en 2018 par Serge Blisko, à l’époque président, poursuit : « L’ensemble des éléments conduit à estimer que les discours et les assertions diffusés notamment au travers du site Régénère / VivreCru présentent des risques pour la santé des adeptes ». Avant de nuancer : « La Miviludes ne fait pas état de dérives sectaires avérées vous concernant ».

L’heure de vidéo de l’habitant de Taulis, village du Vallespir, se poursuit. Au programme notamment : attaques contre les journalistes et les médias qualifiés d’inquisiteurs ayatollah. La justice française n’y échappe pas. Tout comme L’Extracteur, collectif « informant sur les dangers de certaines pseudo-alternatives en matière de santé, de médecine, d’alimentation ».

♦ « Ce qui va rester, c’est le message, et accrochez-vous » – Thierry Casasnovas

« Moi je me retire, et il fallait que je le fasse, et c’est bien, c’est une bonne chose, continue Thierry Casasnovas dans son monologue. (…) Ils ont tout fait pour tuer le messager ; mais ils n’ont pas tué le message. Ce qu’il va rester, c’est le message de Régénère« . Alors justement, quid de la suite ?

Thierry Casasnovas promet de « faire croître le message Régénère« . Comment ? Le réseau bascule notamment sur Telegram, l’application mobile de messagerie instantanée et cryptée. « Vous allez y recevoir, deux ou trois fois par semaine et de notre part et gratuitement, des recettes, des conseils physios, des messages inspirants, etc« . Et de continuer la culture des adeptes. Quel autre meilleur moyen que d’organiser des stages ? Ou en proposant un suivi individuel, dispensé par tout un réseau d’autoproclamés coachs bien-être, formés par Thierry Casasnovas ?

Sans oublier les magazines Régénère, en autoédition, et qui promettent « un thème traité de la manière la plus exhaustive et sans dogme. Je ne l’écris pas, développe le businessman. Mais il est rédigé par la personne qui est la personne la plus proche de moi, et avec qui je suis en interaction permanente; alors ce magazine, ça, c’est de la super qualité« .

Thierry Casasnovas en 2013 © Wikipédia CC0 1.0 Public Domain Dedication
Thierry Casasnovas en 2013 © Wikipédia CC0 1.0 Public Domain Dedication

♦ « Maintenant c’est à la justice de trancher » – L’Extracteur

En guise de mot de la fin ? Son habituel slogan au message douteux : « La maladie n’existe pas« . Mais l’école Casasnovas n’est donc pas près de disparaître malgré son retrait de la vie publique.

Le Collectif l’Extracteur – interrogé par nos soins – se dit « heureux qu’il arrête de mettre la vie des gens en danger avec des nouvelles vidéos; mais soucieux, parce qu’il reste encore plein de vidéos dangereuses sur sa chaîne, et qu’il va continuer par d’autres médias« . Avant de conclure: « Tout cela est maintenant entre les mains de la justice. C’est à elle de trancher sur ces questions« .

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