Un amour contrarié par la guerre | “Aquí y allí” à l’Institut Jean Vigo

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Aquí y allí copyright famille Borrell

L’Institut Jean Vigo inverse les rôles et s’invite chez les spectateurs en ces temps de crise sanitaire. Le 25 février, une séance en ligne sera organisée où le public pourra découvrir Aquí y allí, journal d’une exilée d’Emma Fariñas. Une histoire dans l’Histoire : l’idylle entre deux jeunes espagnols au temps de la Retirada. Mais ce n’est pas tout, l’Institut a tout prévu pour assurer la continuité de sa programmation et de ses activités malgré la fermeture des salles de spectacle.

♦ La Retirada racontée à travers une histoire d’amour et des photos inédites

Le 25 février, l’Institut Jean Vigo diffuse Aquí y allí, journal d’une exilée. En 52 minutes, ce film met en scène la romance de Lucía et Jordi, deux Espagnols qui s’aiment dans le Barcelone des années 30. Elle, s’intéresse aux courants féministes très populaires à cette époque. Lui, se bat pour la reconnaissance de sa langue et de sa culture. Il a dû fuir Barcelone pour rejoindre la France. Les deux amants ne se rejoindront jamais.

Le point de départ du film ? Un atelier mené par Emma Fariñas avec les élèves des classes d’espagnol du lycée Pablo Picasso de Perpignan. Aquí y allí est construit à partir d’images d’archives documentaires et de photos de famille de l’époque. La réalisatrice a collecté ces photos auprès des archives de Murcie et de Barcelone ; mais aussi, et surtout, auprès des familles de Toulouse, de Lyon et de Perpignan. Certains clichés seront donc dévoilés pour la première fois par ces familles dont les histoires personnelles ont nourri l’écriture du film. La maternité d’Elne a également contribué à cette aventure cinématographique en apportant des photos inédites évoquant le quotidien de l’Espagne des années 30.

Différents visages et corps incarnent donc Lucía et Jordi : des jeunes dans les rues de Barcelone, une foule euphorique en 1931, des familles de réfugiés, un soldat sur les chemins de montagne… Aquí y allí, journal d’une exilée mêle l’histoire à l’Histoire, le documentaire à la fiction et la photographie au son.

♦ Une réalisatrice qui souhaite être au plus près du réel

Emma Fariñas est née en 1982 à Toulouse. Elle est diplômée de cinéma et de littérature espagnole. Sa vie professionnelle s’alterne entre production et réalisation de documentaires depuis 2006. Elle accompagne également les auteurs dans l’écriture et la production de leurs films grâce à divers collectifs et structures ; notamment Courte Echelle Prod et Les Zooms Verts. Ce collectif rassemble une dizaine d’auteurs dont le but est d’utiliser le cinéma pour représenter le réel. Pour que cette envie se retrouve dans ses propres créations, Emma Fariñas continue de se former auprès des Ateliers Varan ou du Groupe Ouest.

Emma Fariñas a d’ores et déjà réalisé plusieurs créations :

  • La valeur des objets en 2013 ; un essai photographique sonore dans lequel elle aborde les souvenirs.
  • Les Mécanographes de Mexico en 2007 ; des témoignages d’écrivains publics sur la question de la tradition.
  • Instants Saisis en 2015 ; un documentaire qui amène une réflexion sur la photographie.
  • Cuando se fueron los olivos en 2017 ; un documentaire qui plonge le spectateur dans une cohabitation temporelle entre passé et présent, à travers l’intimité d’un patio.
Aqui y alli EMMA FARINAS copyright Myrtille Visscher
Aqui y alli EMMA FARINAS copyright Myrtille Visscher

Aquí y allí – Une séance gratuite en ligne le 25 février

Le 25 février, les spectateurs pourront donc découvrir Aquí y allí, journal d’une exilée. Cette projection sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice. Pour y assister, pas de réservation obligatoire, il suffira de se rendre sur le site de l’Institut Jean Vigo ou sur la page Facebook de l’évènement.

Ce moment culturel est co-organisé avec Occitanie Films, en partenariat avec la Cinémathèque du documentaire et Cinémaginaire. Et pour ceux qui manqueraient la séance, le film sera diffusé sur ViàOccitanie le samedi 27 février à 21h.

♦ Jean Vigo au temps de la Covid-19 – Comment poursuivre ses missions culturelles ?

Avec les cinémas et autres salles de spectacles fermés depuis plus de 100 jours, l’Institut Jean Vigo a dû s’adapter. La cinémathèque a décidé de se réorganiser en proposant des projections en ligne et dans les Ehpad ; ainsi que des ateliers dans les écoles et des ciné-concerts dans les crèches.

Spécialisés dans l’éducation à l’image, les intervenants de Jean Vigo continuent de se rendre dans les établissements scolaires pour organiser les ateliers d’initiation au langage cinématographique et proposer un nouvel atelier stop motion. Plusieurs écoles primaires de la région pourront y participer. L’Institut a également pensé aux tout-petits. Entre les deux confinements, une collaboration avec la musicienne Maëlle Rouifed a vu le jour. De celle-ci, est née une série de ciné-concerts adaptés aux enfants dans les crèches. Des séances auront donc lieu dans ces établissements durant toute l’année.

Ciné concert crèches février © Sylvie Borrell
Ciné concert crèches février 2021 © Sylvie Borrell

Les séances Mémoire filmique qui étaient habituellement organisées dans les Ehpad sont maintenues, mais adaptées. Elles seront proposées de façon dématérialisée. D’autres films issus de ces collections Mémoire filmique sont en préparation. Ils seront diffusés de manière hebdomadaire auprès des résidents.

Des séances en ligne, comme celle du 25 février, sont prévues. Ce sont des séances gratuites suivies de débats en ligne. Des films amateurs mettant à l’honneur le département des années 30 à 70 seront accessibles en ligne sur les pages des réseaux sociaux.

Atelier Stop Motion et doublage St Felieu © Sylvie Borrell
Atelier Stop Motion et doublage St Felieu © Sylvie Borrell

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