Enquête | Les conséquences financières du 1er confinement sur les ménages d’Occitanie

Illustrations Coronavirus Covid-19 Perpignan © Arnaud Le Vu / MiP / APM

Selon l’enquête Épidémiologie et conditions de vie (EpiCov), une personne sur quatre déclare en Occitanie que la situation financière de son ménage s’est dégradée lors du premier confinement au printemps 2020 ; dégradation en lien avec le net ralentissement de l’activité économique.

Des disparités marquées existent entre les départements d’Occitanie ; liées aux tissus productifs locaux et aux caractéristiques de la population. La situation financière des ménages se détériore plus souvent dans l’Aude, le Gard, en Haute-Garonne et dans l’Hérault.

♦ Un enquêté sur quatre perçoit une dégradation de sa situation financière.

En mai 2020, 23% des personnes âgées de 15 ans ou plus résidant en Occitanie déclarent que la situation financière de leur ménage s’est dégradée lors du premier confinement ; une valeur comparable à celle observée au niveau national.

Les retraités, moins affectés que les actifs par les répercussions économiques du confinement, ne sont que 6% dans ce cas. Ainsi, dans les départements plus ruraux, où la part des retraités est plus élevée, les pertes de revenus sont moins fréquentes.

Une perte de revenus plus souvent ressentie dans l’Aude, le Gard, en Haute-Garonne et dans l’Hérault. © Insee
Une perte de revenus plus souvent ressentie dans l’Aude, le Gard, en Haute-Garonne et dans l’Hérault. © Insee

♦ Des conséquences financières du confinement inégales selon les ménages.

Lors du premier confinement, la dégradation financière perçue est d’autant plus fréquente que le revenu du foyer était initialement faible. 32% des actifs en emploi ressentent une perte financière ; une part supérieure à la moyenne nationale. Les effets financiers du confinement sont beaucoup plus marqués pour les artisans et les commerçants, directement touchés par la chute de l’activité. En Occitanie, 56% déclarent avoir subi une perte de revenus ; soit légèrement plus qu’en moyenne nationale 53%.

À l’inverse, les cadres, qui plus fréquemment que les autres ont continué leur activité à distance, sont moins nombreux à estimer avoir subi une perte financière.

Un recours à l’activité partielle plus fréquent dans le Tarn-et-Garonne et dans l’Aude. © Insee
Un recours à l’activité partielle plus fréquent dans le Tarn-et-Garonne et dans l’Aude. © Insee

♦ Des pertes de revenus ressenties plus fréquemment sur le littoral et en Haute-Garonne.

Sur le littoral, cette situation peut s’expliquer en partie par une pauvreté plus prégnante avant la crise et par une économie davantage tournée vers des activités liées au tourisme mises à l’arrêt pendant le confinement. Hors retraités, 35 % des foyers audois déclarent une perte de revenu. Dans ce département, parmi les personnes ayant un faible niveau de vie, près de la moitié déclarent que leur situation financière s’est détériorée ; nettement plus qu’en moyenne dans la région.

En Haute-Garonne et dans l’Hérault, le moindre poids des retraités ne permet pas d’amortir les effets financiers de la crise. En particulier, en Haute-Garonne, ils représentent moins du quart de la population. Par contre, le recours au télétravail, élevé dans ces deux départements, a pu jouer favorablement sur la situation financière des ménages.

En mai 2020, à Paris, 65 % des personnes qui avaient travaillé la semaine précédant l’enquête déclarent avoir exclusivement télétravaillé, contre 28 % en France.
En mai 2020, à Paris, 65 % des personnes qui avaient travaillé la semaine précédant l’enquête déclarent avoir exclusivement télétravaillé, contre 28 % en France.

♦ Des départements plus ruraux relativement épargnés.

Dans les départements les moins urbanisés, la situation financière des personnes se dégrade moins souvent lors du premier confinement qu’en moyenne régionale. Dans l’Aveyron, en Lozère et dans les Hautes-Pyrénées, mais aussi dans le Tarn, le Lot et le Gers, moins de 20 % de la population déclare subir une perte de revenus. Une situation qui s’explique, dans ces départements, par la forte présence de retraités – moins exposés aux conséquences financières du confinement – et par un recours à l’activité partielle globalement plus limité.

L’enquête Épidémiologie et conditions de vie (EpiCov) a été mise en place par la Drees, l’Inserm, Santé Publique France et l’Insee. La première vague de l’enquête s’est déroulée entre le 2 mai et le 2 juin 2020 ; à cheval entre le premier confinement de la population et le début du déconfinement. L’enquête comprend des questions détaillées sur la situation vis-à-vis de l’emploi, les conditions de travail, en particulier le recours au télétravail et le temps de travail.

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