La Bressola porte plainte et accuse Louis Aliot de « trahison » pour avoir bloqué le projet de lycée en catalan à Perpignan

La roda de premsa per denunciar la situació amb el president de la Bressola, Joan-Sebastià Haydn, la directora Eva Bertrana i l'advocat Guillem Nivet. Imatge publicada el 14 d'octubre del 2021. (Horitzontal)

L’école catalane immersive La Bressola accuse la Ville de Perpignan de « trahison ». Les responsables de l’école privée accusent le conseil municipal et le maire Rassemblement National Louis Aliot d’avoir bloqué le projet école lycée dans le monastère de Sainte Claire. La Bressola annonce deux recours devant la justice. La mairie de Perpignan a décidé d’exercer son droit de préemption pour l’achat du bâtiment historique. Alors même que l’école avait déjà versé un acompte de 60.000 euros pour acquérir le bien dans le quartier du Vernet.

♦ La Bressola soupçonne Louis Aliot de vouloir « entraver le projet » de lycée en catalan

L’école s’insurge qu’après des mois de négociations et sans avoir « aucun projet », la mairie se targue désormais de vouloir protéger le patrimoine. L’avocat Guillem Nivet de La Bressola soupçonne le maire Louis Aliot de vouloir purement et simplement « entraver le projet ». « Nous devons trouver une solution pour ces étudiants et aujourd’hui, nous ne l’avons pas », explique la directrice générale de La Bressola, Eva Bertrana.

C’est lors de son 45ème anniversaire en septembre dernier que l’école La Bressola avait annoncé franchir le pas pour permettre aux centaines d’élèves accueillis dans les 7 écoles et le collège immersif du département de poursuivre leurs études au lycée. À ce jour, La Bressola a déjà ouvert sa première classe de 6ème, mais le lieu était censé être provisoire dans l’attente d’un lycée pouvant accueillir tous les lycéens désireux de poursuivre leurs études en catalan. En mars, les responsables de La Bressola ont visité pour la première fois le monastère de Sainte Claire. Après deux visites, ils ont constaté que l’espace répondait aux exigences d’accueil d’environ 350 élèves.

Un lieu en vente depuis 3 ans au prix de 1,2M€. Mais jusque-là, aucun acquéreur ne semblait intéressé, ni même la mairie. Les porteurs du projet de lycée ont rencontré les différentes administrations. D’abord avec la Mairie, qui leur a d’abord dit qu’elle n’avait pas de projet pour cet espace et qu’elle « se réjouissait » du projet. Mais aussi la vice-présidente de la Région, Agnès Langevine. Cette dernière a également exprimé son soutien, s’engageant même sur une contribution financière. Le Conseil Départemental a également confirmé qu’ils « accompagneraient » le projet. Enfin le préfet des Pyrénées Orientales, Etienne Stoskopf, s’y montrait également favorable.

12/05/2020 Perpignan, France, Illustration deconfinement retour enfants en ecole primaire, mise en place des gestes barrière / deconfinement return of children to primary school, implementation of barrier gestures © Arnaud Le Vu / MiP / APM

♦ Devant le consensus, La Bressola a signé le 6 août le compromis de vente

La Bressola a donc signé le 6 août un compromis de vente avec les Sœurs Clarisses, propriétaires de l’immeuble. À compter de cette date, le délai légal de préemption est de 2 mois. Quelques jours après la fin de cette échéance, la mairie de Perpignan a annoncé vouloir l’acquérir pour préserver « le patrimoine » et sans préciser de projet.

« Nous l’avons appris par le notaire », a expliqué Bertrana. Une décision qui a déçu les espoirs de La Bressola qui était sur le point de célébrer la vente comme un « nouveau jalon historique ». La Bressola estime que le coût d’acquisition et de rénovation du lieu est d’environ de 3 M€.

« Nous avons un sentiment d’incompréhension et de trahison », a déclaré le président de La Bressola, Joan-Sebastià Haydn. Haydn a accusé la mairie de Perpignan d’avoir voulu noyer le poisson pendant des semaines et de vouloir bloquer le projet alors qu’elle avait le soutien de l’ensemble des institutions. Le président de La Bressola s’est refusé à commenter les raisons « cachées » derrière cette décision. Mais son avocat, Guillem Nivet, l’a fait. Ce dernier a précisé que la Mairie « n’a aucun projet » à faire dans cet espace et que le droit de préemption ne peut prévaloir sur le privé que s’il n’y a pas d’intérêt public et un projet. « La seule chose qu’ils veulent, c’est entraver La Bressola », a-t-il insisté.

Ce jeudi, les porteurs du projet ont déposé deux recours devant le tribunal administratif de Montpellier. L’un d’eux en référé pour stopper la manœuvre municipale. Ils espèrent qu’il sera réglé d’ici un mois et demi et que les tribunaux trancheront en leur faveur.

♦ A la recherche d’un plan B

Pendant ce temps, La Bressola cherche des alternatives pour pouvoir accueillir les élèves qui ont déjà commencé le lycée et à ceux qui le feront l’année prochaine. « Nous avons l’obligation de trouver une solution et, pour le moment, nous ne l’avons pas », a déclaré Bertrana. Pour dénoncer la situation, La Bressola organise une manifestation le 23 octobre à 11h du matin sur la Place Catalogne de Perpignan. Le mot d’ordre de cette marche sera « L’école en catalan ! L’école à Perpignan ! Lycée à Perpignan ! Défendons le catalan ! ».

Dans le cadre de cet article, nous avons tenté de joindre la mairie et Louis Aliot sans succès.

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