Petits écrans | “Charlie, le journal qui ne voulait pas mourir” sur France 5

Riss, actuel patron de l’hebdomadaire satirique « Charlie Hebdo ». © 10.7 Productions

Diffusé sur France 5 le 26 janvier et disponible en Replay, “Charlie, le journal qui ne voulait pas mourir” revient sur l’histoire du quotidien Charlie Hebdo ; de sa création jusqu’à l’ouverture du procès des journées de janvier 2015 en septembre dernier. Réalisé par Hugues Nancy, ce documentaire rend compte des différentes difficultés traversées par la rédaction de ce journal pour faire vivre la liberté d’expression à travers des témoignages puissants.

♦ “Charlie, le journal qui ne voulait pas mourir” – Le Synopsis

Septembre 2020. Au Palais de justice de Paris, un procès s’ouvre pour juger ceux qui ont participé à la tentative meurtrière de destruction d’un journal satirique. Ce procès historique, le premier pour terrorisme a être enregistré en France, c’est celui de ces journées de janvier 2015. Quand la France assiste à la mort en direct d’un journal dont la rédaction est sauvagement assassinée ; celle-là même qui avait fait renaître Charlie Hebdo en 1992.

2020 : dans un bunker à Paris, une nouvelle rédaction épaulée par les victimes et les proches des victimes de l’attentat de 2015 fait toujours vivre la liberté d’expression…

♦ Charlie Hebdo, un journal contesté depuis toujours

Le premier numéro de Charlie Hebdo est sorti le 23 novembre 1970. Né de la censure du mensuel Hara-Kiri après la Une intitulée “Bal tragique à Colombey : 1 mort” qui ironisait sur la mort du Général De Gaulle, ce nouveau journal est édité par la même équipe. En 1982, faute de lecteurs, Charlie Hebdo met fin à sa publication.

Quelques années plus tard, Cabu – nostalgique – veut ressortir Charlie Hebdo. En 1991, c’est la naissance de La Grosse Bertha ; avec comme rédacteur en chef Philippe Val, mais aussi Riss, Luz, Tignouss et d’autres au sein de l’équipe. En 1992, suite au licenciement de Philippe Val, Cabu ainsi qu’une grosse partie de l’équipe quitte la rédaction du journal. Cavanna et Wolinski proposent à Cabu et Val de refonder Charlie. Dix ans après avoir disparu des kiosques, Charlie Hebdo renaît. La première Une sera consacrée à Mitterrand.

Depuis, Charlie a connu nombre de procédures et s’est confronté aux associations intégristes catholiques puis musulmanes. Premier signe d’intolérance religieuse : le 2 novembre 2011. Les locaux de Charlie Hebdo sont incendiés suite au numéro intitulé “Charia Hebdo” ; numéro spécial dans lequel Mahomet était rédacteur en chef. Pour Richard Malka, l’avocat de Charlie Hebdo depuis 1992, “c’est un miracle que Charlie sorte tous les mercredis“.

Après l’attentat de 2015, né le slogan “Je suis Charlie” en soutien à l’équipe du journal. Riss affirme “Il faut être à la hauteur du soutien qu’on a reçu. On a voulu nous faire taire donc il fallait qu’on parle“. Luz raconte comment il a imaginé la Une suivante. Exemplaire qui s’est arraché dans les kiosques comme une preuve de soutien de la part du peuple français.

♦ 2020 : l’année du procès

Le 2 septembre 2020, s’ouvre le procès. Riss confie : “je ne veux pas qu’on oublie la raison pour laquelle nos amis ont été tués“. Il souhaite republier les dessins à cette occasion ; pour montrer que “Charlie n’est pas mort“. De son côté, Alice, dessinatrice arrivée à la rédaction en 2018, a préféré retranscrire en dessins les rencontres faites durant le procès.

Le 18 novembre 2020, Charlie Hebdo fête son 50e anniversaire. Pour l’occasion, le journal décide de créer une Couverture montrant des représentants du christianisme, de l’islam et du judaïsme pleurant de rire en découvrant un exemplaire de Charlie Hebdo sans dessins. Charlie Hebdo, c’est 50 ans de polémiques, de dessins, de liberté d’expression, de procès, d’humour et de caricatures. Une liberté que Riss avoue craindre de perdre en fin de documentaire.

♦ Des témoignages puissants

Ce documentaire c’est aussi, et surtout, des témoignages puissants. Antonio Fischetti rappelle ainsi que “Charb a toujours eu conscience de la possibilité d’un attentat”. Mais le journaliste avoue que Charb pensait plutôt à un attentat ciblé contre lui plutôt qu’à un acte visant toute la rédaction comme cela a été le cas le 7 janvier 2015.

Riss s’exprime à son tour. “On n’a jamais dit entre nous en détail ce qu’on avait vécu et ressenti le 7 janvier”. Ce procès était l’occasion de le faire. Coco confesse que grâce à ce procès elle a “pu se rendre compte de ce qu’elle avait traversé“. Elle revient sur cette journée si particulière où elle croise les terroristes dans les escaliers ; et où – sous la menace des armes – leur ouvre la porte de la rédaction en tapant le code d’entrée. Quant à Simon Fieschi, le webmaster, grièvement blessé lors de l’attentat, il dit “cette balle ne m’a pas ratée mais elle ne m’a pas eue“. Dans une séquence forte, il revient sur ses séquelles.

Il se trouve que je ne peux plus faire de doigt d’honneur. Je ne peux pas le faire à la main droite non plus, car il me manque le doigt principal. C’était une façon qui représentait assez bien le journal d’expliquer ça. Je disais je peux plus faire de doigt d’honneur et il y a des jours ça me démange. Mais en fait j’ai été inexact : je peux toujours faire un doigt d’honneur, mais je dois m’y prendre à deux mains.”

Simon Fieschi
« “Charlie”, le journal qui ne voulait pas mourir ». © 10.7 Productions © Boucq / Charlie Hebdo
« “Charlie”, le journal qui ne voulait pas mourir ». © 10.7 Productions © Boucq / Charlie Hebdo

♦ Pourquoi la rédaction vous le conseille ?

Ce documentaire retrace l’histoire de Charlie Hebdo ; un journal qui a su rassembler mais aussi diviser. Le 11 janvier 2015, des millions de personnes marchent en faveur de la liberté d’expression et contre le terrorisme en scandant “Je suis Charlie” en France. Mais, comme le rappelle ce documentaire, il ne faut pas oublier que “de simples dessins sont devenus le mobile d’une folie meurtrière“. Les témoignages des membres de Charlie Hebdo permettent de se rendre compte de leur combat pour faire exister ce journal.

♦ Ils font également l’actualité des documentaires

Adolescentes de Sébastien Lifshitz (également réalisateur de Petite Fille) a obtenu le Prix Louis-Delluc. Ce documentaire suit pendant cinq ans Anaïs et Emma, deux amies inséparables, de la classe de 4e jusqu’à leur entrée dans l’âge adulte.

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