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Pression migratoire en hausse sur Cerbère l Histoire d’un contrôle un soir de janvier

France, Cerbere, 2022-01-11. Border police operation with control of the train from Port-Bou and surveillance of the Col des Balistres. The control of illegal immigration at the French-Spanish border of the department has been reinforced since November 2020 with the support of two mobile force units. The controls carried out by the internal security forces are concentrated on the sectors most used by illegal migrants, namely the Perthus/Le boulou sector and the Vermeille coast sector. Photograph by Arnaud Le Vu / Hans Lucas. France, Cerbere, 2022-01-11. Operation de la police aux frontieres avec controle du train en provenance de Port-Bou et surveillance du Col des Balistres. Le dispositif de controle de l immigration clandestine a la frontiere Franco-Espagnole du departement a ete renforce depuis le mois de novembre 2020 avec l appui notamment de deux unites de forces mobiles. Les controles effectues par les forces de securite interieures se concentrent sur les secteurs zones de passage les plus empruntes par les migrants en situation irreguliere , a savoir le secteur du Perthus/Le boulou et le secteur de la cote Vermeille. Photographie de Arnaud Le Vu / Hans Lucas.

Ce mardi soir, une quinzaine de gendarmes et de policiers étaient en gare de Cerbère. Objectif ? Contrôler le 18h08 en provenance de Port-Bou. Pas de personnes en situation irrégulière dans ce train. Mais alors que le Préfet répondait à la presse, descendait du train en provenance de Perpignan une délégation d’associations de défense des migrants. « Vous ne respectez pas l’État de droit Monsieur le Préfet » ou encore « Aucun être humain n’est illégal » ; un échange tendu s’est ouvert entre le Préfet et les militants, avant qu’ils ne reprennent le train et que le contrôle se poursuive au col des Balistres, frontière légale entre la France et l’Espagne.

♦ Les migrants en situation irrégulière préfèrent Cerbère que le Perthus

Le directeur de la police aux frontières Hervé Cazaux nous livre les chiffres de migrations illégales dans le département. Alors que jusque-là, les tentatives d’entrée en France par Cerbère ne représentaient que 10% des flux, aujourd’hui, ce sont environ 30% de ceux qui veulent entrer en France qui choisissent ce point de passage. Rien que la semaine dernière, la police aux frontières a refusé l’entrée en France ou renvoyé vers l’Espagne 125 personnes à Cerbère contre 180 au Perthus ou au Boulou. À Cerbère, les candidats à l’entrée en France choisissent parfois le train, mais aussi le tunnel du train.

Un parcours particulièrement dangereux pour les migrants, mais aussi pour les travailleurs de la SNCF. Le 16 juillet dernier, un jeune homme avait été mortellement fauché dans le tunnel reliant Cerbère à Banyuls. Le Préfet Étienne Storskopf estime le nombre de personnes franchissant la frontière par le tunnel à 5.000 par an.

Un tunnel de 1,6Km, où des barbelés ont été installés sur les abords de la voix afin de dissuader les marcheurs de s’aventurer dans le tunnel. Malgré les embûches, les candidats ne manquent pas.

♦ Pourquoi Cerbère est un point de passage plus prisé ?

Selon le commissaire divisionnaire, « c’est essentiellement lié à la topographie ». En effet, selon le patron de la PAF, les contournements des dispositifs sont plus faciles par Cerbère. Ce constat a conduit les autorités à « réajuster le dispositif avec un premier rideau engagé sur la frontière elle-même et un second rideau sur les communes riveraines de la frontière (Banyuls, Port-Vendres… y compris jusqu’à Perpignan) assuré par la gendarmerie ». L’objectif est de parvenir à interpeller les étrangers qui auraient réussi à échapper au premier contrôle sur la première ligne.

♦ Que se passe-t-il quand une personne ne présente pas des papiers en règle ?

Les chiffres fournis par le Préfet font état de 13.000 personnes par an reconduites ou non-admises sur le territoire Français. Sur le profil des candidats, le responsable de la PAF dans le département nous précise qu’il s’agit essentiellement des jeunes hommes entre 25 et 30 ans. Francophones, ils sont en grande majorité originaires du Maghreb (Maroc Algérie). Il y a aussi des mineurs ; et quand leur minorité est reconnue ou évidente, les services du département interviennent. Les autorités agissent selon plusieurs procédures.

Quand la personne est contrôlée sur la frontière, elle n’est pas admise à entrer. Et si elle est contrôlée en gare, elle reprend le prochain TER qui la renvoie vers Port-Bou. Si le contrôle se fait sur la route, la personne est ramenée sur la frontière physique en l’occurrence au Col des Balistres. Avec le risque qu’il ou elle revienne quelques heures plus tard. Ce qui arrive régulièrement confie le commissaire divisionnaire. « Oui, ça nous arrive d’arrêter plusieurs fois une personne sur la même journée. Mais cela n’est pas la majorité des cas, heureusement ! » .

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