Petits écrans | Quelle place pour les hommes et « La virilité » dans la société

Film documentaire "La Virilité" de Cédric Denjean

Diffusé le 22 juin sur France 2, La virilité met en scène des hommes issus de divers horizons qui partagent leur conception de la virilité. Réalisé par Cécile Denjean, ce documentaire fait parler des hommes qui s’interrogent sur la place qu’ils occupent dans la société.

♦ La virilité – Le Synopsis

Dans ce film, des hommes ordinaires s’interrogent : seraient-ils, tout comme les femmes, victimes de cette virilité toxique ? Comment être un homme aujourd’hui ? Et au fait, c’est quoi un homme ? Chacun a sa réponse. Chaque homme a dû s’inventer avec cette injonction à être dur. Avec ces témoignages intimes, amusés et parfois douloureux, la réalisatrice Cécile Denjean tisse un film sensible et puissant. Un film de ceux qui font bouger.

♦ Être un homme : une chance ou un fardeau ?

Le documentaire s’ouvre sur une citation de Pierre Bourdieu, « Le privilège masculin est aussi un piège ». Une question se pose alors : est-ce une chance ou un fardeau d’être un homme ? Le premier témoignage est celui d’un boxeur professionnel qui confie « c’est beau d’être un homme, d’être respecté, ça n’a pas de prix« . Pour lui, il vaut mieux « se sentir une heure comme un lion plutôt que cent heures comme une chèvre« . Être un homme serait donc une chance.

Le deuxième témoignage, celui d’un sociologue, vient bouleverser cette idée. L’homme déclare « secrètement, quand je me regardais, je pensais que je n’étais pas complètement un homme, sans oser complètement le dire« . Il avait le sentiment que, pour lui, ce n’était pas possible d’être un homme. La faute à la virilité qu’il définit comme « le rapport au torse, avec les poings fermés pour être toujours prêt au combat« . Il continue, « je suis un dominé parmi les dominants que sont les hommes » et « j’avais un rapport de souffrance à ma virilité« . Lui, qui a été victime d’harcèlement scolaire, confie avoir vécu un « sentiment d’impuissance, d’humiliation« . Être un homme qui ne coche pas toutes les cases de l’homme viril serait donc un fardeau.

Film documentaire "La Virilité" de Cédric Denjean
Screen du documentaire

♦ « Un homme blanc et hétéro »

Sébastien Garcin reconnaît être un privilégié et « au sommet de la pyramide » car c’est un « homme blanc et hétéro, qui gagne bien sa vie et qui est en bonne santé« . Il est certain d’avoir « profité d’être un homme » dans son ascension sociale et professionnelle. Sébastien Garcin dans les lycées pour discuter de la place des hommes dans la société et sur le poids de la virilité au sein de notre société. Il déclare « je me bats contre la virilité » et contre cette étiquette de « vrai homme ». Pour lui, « le monde se porterait beaucoup mieux si on enlevait la virilité« .

Un Marseillais, très soucieux de son apparence, qui se définit comme un « macho à 100% » mais précise « c’est l’image que je rejette mais je ne suis pas comme ça« , confie « on n’accepte pas les hommes sans virilité« . Il estime toutefois être « le pilier du foyer » et conclut « les hommes à leur place, les femmes à leur place, chacun a sa place, et tout le monde s’aime« .

♦ Et le rapport avec les femmes ?

Le sociologue déclare en avoir « longtemps voulu aux femmes » car elles le prenaient pour un confident, un « nounours« , mais ne l’embrasaient pas et ne lui faisaient pas l’amour. Aujourd’hui, il pense que « les hommes ont peur de l’autonomie des femmes ». Le témoignage d’un autre homme va dans le même sens. Il explique avoir sauté une classe et s’être senti rejeté par les autres. Mais il avoue « je pensais que les filles allaient naturellement refuser cette brutalité, cette virilité, ce côté un peu grotesque de la mise en scène virile« .

Hugo, dit qu’il a été « biberonné à la pornographie« . Selon lui, « la seule chose partagée dans la virilité, c’est l’exclusion des femmes« . Avec le recul, il s’interroge. N’a-t-il pas, lui aussi, exercé des violences auprès des femmes ?

Film documentaire "La Virilité" de Cédric Denjean

L’homme sociologue revient sur la notion de capitalisme sexuel. La femme perd quelque chose alors que l’homme prend quelque chose. Avec le mouvement #MeToo, les femmes peuvent reconnaître qu’elles ont le droit de dire non, mais également celui de dire oui. Des rencontres des Masculins Sacrés ont vu le jour récemment. Elles ont pour but de « construire l’identité masculine entre hommes« .

La virilité donne aussi la parole aux femmes. L’une d’elle admet que l’homme qui la fait vibrer est « le mec assuré » et qu’il « doit être très entreprenant » car elle ne l’est pas. Une autre ajoute « j’aime bien avoir un vrai homme« . Elle développe « l’image que j’ai du vrai homme quand je le vois c’est, est-ce qu’il va me plaquer contre un mur ou pas ? ». Une troisième femme déclare « t’as le droit de demander l’égalité des salaires et aimer être plaquée contre un mur« . Elle poursuit « on a le droit d’aimer la violence dès lors qu’on l’a permise« .

♦ Pourquoi la rédaction vous le conseille ?

La question de la virilité fait débat en ce moment. Ce documentaire permet de comprendre qu’il n’y a pas une unique définition de ce concept, mais que chaque homme a la sienne. Chaque homme et chaque femme peut ensuite s’interroger sur son rapport à la virilité. Finalement, comme le dit le sociologue qui témoigne dans ce documentaire « La virilité est une mise en scène, chacun pourra écrire son scénario« .

♦ Ils font l’actualité des documentaires…

Wonder Boy, Olivier Rousteing, né sous X, disponible sur Netflix depuis le 26 juin. Nommé au César du Meilleur documentaire en 2020, le film documentaire d’Anissa Bonnefont retrace l’histoire de celui qui est devenu directeur artistique de Balmain à seulement 25 ans.

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