Visa pour l’Image – Le festival international de photojournalisme fête ses 30 ans

La passion, l’envie et parfois la colère des organisateurs est toujours présente malgré les cheveux grisonnants et les hommages rendus aux photojournalistes disparus, nombreux, au fil des ans. En conférence de presse, le fondateur de Visa pour l’Image, Jean François Leroy a dévoilé une partie du programme de l’édition 2018, évoquant aussi humour les débuts en 1989 et les 29 éditions passées.

♦ 1989 Visa « annoncé comme le cirque Pinder »

Jean-François Leroy est revenu sur la toute première soirée de projection qui se tenait à l’époque Palais des rois de Majorque. « Ils étaient nombreux à nous dire que les gens ne monteraient pas au Palais, alors nous avons diffusé via des hauts parleurs sur les voitures sillonnant la ville, des messages annonçant la soirée. Résultat 2000 personnes sont venues au Palais des rois de Majorque assister à la première projection de Visa pour l’Image ». Depuis 1998, les soirées de projection se tiennent au Campo Santo, et jusqu’en 2016 elles étaient retransmises sur un écran géant sur la Place République. Jean-Marc Pujol, nous confiait que pour cette 30ème édition et probablement pour les suivantes, si le public est au rendez-vous, les retransmissions se tiendront en simultanée au Campo Santo et au Théâtre de l’Archipel.

♦ 25 expositions en 2018, 840 depuis 30 ans

En trente ans, comme le rappelle Jean Paul Griolet directeur du festival, se sont près de 5 millions de visiteurs qui ont pu découvrir des images et des informations que parfois les médias traditionnels ne montrent pas. Car oui comme le rappelle Jean-François Leroy, Visa pour l’Image existe pour montrer ce que d’autres cherchent à cacher et que des reporters photographient parfois au péril de leur vie.

♦ 14 expositions déjà dévoilées

Dont celle de James Oatway, « Les fourmis rouges ». Ce reportage sur les Fourmis rouges, redoutable unité chargée d’expulser les résidents, les montre sur divers fronts d’un conflit de faible intensité mais qui perdure, opposant les propriétaires aux citoyens démunis qui cherchent à s’intégrer dans l’économie urbaine en Afrique du Sud. Grâce à un accès privilégié, James Oatway dresse un portrait détaillé et sans complaisance de cette unité, tout en abordant des questions politiques et polémiques sur le régime foncier, le logement et l’expropriation, dans une sorte de zone grise créée par l’incapacité de l’État à répondre aux besoins en logement et à faire respecter la loi.

George Steinmetz pour Cosmos présente son travail : « Big Food » 

Depuis que les premières plantes ont été domestiquées voici quelque 11 000 ans, environ 40 % de la surface de la planète a été transformée en terres agricoles. Pour faire face à la croissance démographique (avec une population mondiale estimée à 10 milliards d’habitants en 2050) et à l’augmentation du niveau de vie dans les pays en développement rapide, la production alimentaire mondiale devra doubler. George Steinmetz nous montre les pratiques de l’agriculture à grande échelle, car nous devons comprendre comment nos aliments sont produits si nous voulons faire de meilleurs choix, trois fois par jour.

Le reportage « Apatrides, abandonnés et rejetés : La crise des Rohingas » par Paula Bronstein

Depuis des années, la Birmanie, pays à majorité bouddhiste, peine à contenir la haine profonde à l’égard des Rohingyas musulmans. Les tensions ne cessent de croître depuis une série d’attaques en août 2017 contre les forces de l’ordre par des insurgés rohingyas. La répression militaire qui a suivi crée une urgence humanitaire sans précédent: 800 000 réfugiés ont afflué au Bangladesh dans ce qui est devenu l’exode transfrontalier le plus rapide de l’histoire.

Catalina Martin-Chico pour Cosmos présente : « Colombie : (re)naître »

Après plus de 50 années de conflit, la guérilla des FARC a accepté, en 2016, de déposer les armes. En réapprenant la paix, le pays découvre aussi une dure réalité de la vie des combattantes de ce groupe de rébellion marxiste: pendant ces cinq décennies de combats et de survie dans la jungle colombienne, il était interdit aux femmes d’avoir des enfants. Celles qui n’avaient pu éviter une grossesse étaient condamnées à avorter ou à abandonner le nouveau-né. Depuis que la paix a été signée, elles sont des centaines à avoir choisi de donner la vie, et la Colombie parle aujourd’hui de baby-boom. Pour ces nouvelles mères, parfois encore en semi-liberté et qui apprennent à se réinsérer, c’est la chance d’une renaissance.

Yvan Morvan : « Bobby Sands Belfast, Mai 1981. Notre vengeance sera le rire de nos enfants »

Bobby Sands, 27 ans, membre de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) provisoire, organisation paramilitaire qui luttait contre la présence britannique en Irlande du Nord, est décédé le 5 mai 1981 des suites de la grève de la faim qu’il avait entamée avec neuf autres compagnons dans la prison de Maze, près de Belfast, pour défendre leur statut de prisonnier politique. La mort de Bobby Sands et de ses camarades provoqua une vague d’émeutes dans les quartiers nationalistes et près de 100 000 personnes suivirent son cortège funéraire. Beaucoup considèrent Bobby Sands comme un héros de la cause républicaine, mais également de la défense de la liberté et de la dignité des prisonniers politiques.

Plus de détails à venir sur l’ensemble des reportages ci dessous

Samuel Bollendorf  : « Contaminations »

Andrea Bruce (Noor images pour National Géographic) : « Un petit coin : défécation en plein air et assainissement »

Miquel Dewever-Plana : « Bolivie : Pour tout l’argent de Potosí »

Kevin Frayer (Getty images): « Voyage du désespoir : L’exode des Rohingas »

Olivier Jobard (Myop): « Ghorban, né un jour qui n’existe pas »

Jonathan Torgovnick (The Verbatim Agency) : « Les otages du centre-ville de Johannesburg »

Gaël Turine (Maps) : « Rivières blessées »

Véronique de Viguerie (The Verbatim Agency pour Paris Match) : « Yémen, la guerre qu’on nous cache »

À noter l’absence, assumée par Jean-François Leroy, d’exposition consacrée à la crise catalane. Lors de la conférence de presse, il a souhaité devancer les questions à ce propos déclarant : « Nous n’avons pas reçu de travail abouti sur la Catalogne, j’ai préféré choisir d’autres reportages, mais évidement on parlera de cela lors des soirées ». Un choix éditorial qui ne manquera pas de susciter de nombreuses réactions en Catalogne nord.

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