Cult’hebdo 4 août | L’actualité culturelle des Pyrénées-Orientales

Ben et Big Band Brass au festival Music & Sea à Canet-en-Roussillon © Marie-Lise Modat

♦ Ben et Big Band Brass au festival Music & Sea à Canet-en-Roussillon

Photo de Une “Ben et Big Band Brass”, texte et photos © Marie-Lise Modat. 

Après un an de restriction culturelle, j’assiste à mon premier grand live de cette année. Je retrouve avec grand plaisir le lauréat du meilleur artiste masculin et révélation scène 2011, Ben. Il est accompagné des 20 musiciens exceptionnels du Big Band Brass. Dirigée par le talentueux trompettiste Dominique Rieux, cette formation fête ses 20 ans cette année. Beaucoup d’amis du chanteur ont fait le déplacement ce soir me dit-on en régie. Nous sommes à une demi-heure du show et chacun prend sa place, à l’image de sa compagne et de sa petite fille. Le chanteur Fabian Ordonez s’installe lui au second rang ; celui qui est aussi le père de Bigflo et Oli est peine assis que déjà les demandes de selfies affluent.

Les lumières éclairent Ben sur la scène du théâtre de la mer. Sa voix de velours est intacte. Il a changé physiquement : le chanteur a troqué son nœud pap et ses bretelles pour un costume de crooneur bleu marine. Ben enchaîne ses plus grands succès et interprète également des grands titres de la musique soul américaine : Nina Simone, Franck Sinatra, Harry Connick JR… Le public est conquis et lui fait savoir. Ils sont debout jusqu’au dernier rang ; et même jusqu’à la place Méditerranée et le long de la plage. Il ne manque pas d’ailleurs de les saluer. Bref, Ben est fidèle à lui-même : généreux, joyeux, communicatif. Son mythique et incontournable “seven nation army” clôture ce superbe spectacle. Vivement le prochain !

♦ Exposition photographique Robert Capa : “18 mars 1939, l’armée oubliée du camp d’Argelès”

En collaboration avec l’ICP, le Mémorial du camp d’Argelès-sur-Mer présente à partir du mois de septembre 2021 une partie de ces images dans une exposition exceptionnelle. Des tirages, majoritairement inédits, dans les pas de Robert Capa sur les traces de cette armée oubliée.

Robert Capa va réaliser son dernier reportage sur la Guerre d’Espagne derrière les barbelés des camps français. Le 18 mars 1939, le photoreporter y retrouve une partie des combattants républicains enfermés à Argelès-sur-Mer et au Barcarès. Le lendemain, Capa poursuit son parcours à Bram et à Montolieu, à la rencontre de réfugiés mis aux arrêts alors que le conflit continue de l’autre côté des Pyrénées. Il réalise en deux jours près de 300 photographies.

Le Picture Post publie le 15 avril 1939 vingt-quatre clichés que Robert Capa a pris dans les camps des Pyrénées-Orientales et de l’Aude, dont près de la moitié dans celui d’Argelès-sur-Mer. Le prestigieux magazine britannique titre sur « The Forgotten Army » (l’armée oubliée). Le reste des négatifs de ce reportage sera aussi longtemps oublié. Peu de temps avant son départ pour New-York en septembre 1939, Robert Capa confie l’ensemble de ses photographies sur l’Espagne à un ami qui quitte à son tour l’Europe en guerre.

En 2007, c’est au Mexique que ce fonds, connu sous le nom de « Valise mexicaine », fut retrouvé. Le Centre international de la photographie (ICP) de New-York a ainsi récupéré trois boîtes contenant 4500 négatifs datant de la Guerre d’Espagne. Parmi ce trésor figurent les dix films sur les camps.

  • Du 1er septembre au 15 novembre 2021
  • Galerie Marianne (rue du 14 Juillet, Espace Liberté) à Argelès-sur-Mer.
  • Ouvert du mardi au samedi inclus de 10h à 13h et de 14h à 18h. Entrée libre.

♦ Librairie Torcatis : Rencontre avec la déportée Esther Senot jeudi 5 août à 17h

Autour de son récit paru en avril 2021 aux éditions Grasset, co-écrit avec Isabelle Ernot : La petite fille du passage Ronce. “Promets-moi de dire au monde ce que des hommes ont été capables de faire à d’autres”. Telle a été l’espérance formulée par Fanny quelques heures avant son assassinat dans les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau. Aujourd’hui, sa jeune sœur Esther tient sa promesse.

“Dans les années 1930, sa famille fuyant l’antisémitisme polonais, migre vers la France et s’installe passage Ronce, quartier de Belleville. C’est là qu’Esther grandit avec ses cinq frères et sa sœur, dans ce quartier populaire, avec ses marchés, ses rues poussiéreuses, ses échoppes de cordonniers et de tailleurs. Une existence modeste mais heureuse qui bascule en mai 1940. Il y a d’abord l’arrestation de son frère Marcel puis celle de Samuel, envoyé à Drancy. La rafle du Vel d’Hiv les 16 et 17 juillet 1942 est un coup de hache. Esther ne reverra jamais ses parents. Elle se réfugie chez une gardienne, réussit à gagner la zone libre, revient à Paris où elle est finalement arrêtée lors d’un contrôle d’identité puis internée au camp de Drancy. Birkenau  : Esther est rasée, tatouée, on lui assigne une baraque, un kommando. L’enfer commence  : le travail forcé, le froid, la promiscuité, les coups, la maladie, la faim. Et la mort, partout.”

Soixante-quinze ans après la libération des camps, Esther continue de faire vivre la mémoire des siens et d’honorer la promesse faite à sa sœur. La Petite fille du passage ronce est ce récit, mais aussi un projet historique et littéraire différent. Avec la complicité d’Isabelle Ernot, il s’ouvre comme un diptyque : le témoignage est suivi par un dialogue avec les disparus, par des lettres, à sa sœur Fanny et à sa mère Gela, ou encore lors d’une déambulation sur son chemin d’écolière entre Ménilmontant et Belleville. Le récit revient sans cesse vers ce passage Ronce, disparu, qui n’existe plus qu’ici : en cette stèle de mots, vivace et émouvante.

♦ 14e salon du livre de Prats-de-Mollo-la-Preste le 7 août

L’édition 2021 du salon du livre de Prats-de-Mollo-La-Preste se tiendra le samedi 7 août prochain avec comme invitée de marque Marie-Monique Robin. Journaliste et réalisatrice de documentaires, engagée dans un combat pour l’environnement et la planète, Marie-Monique Robin est l’auteure d’ouvrages internationalement reconnus : “le monde selon Monsanto”, le Roundup face à ses juges”, etc.

Elle présentera son dernier ouvrage : “la fabrique des pandémies”, préfacé par Serge Morand, écologue et biologiste, spécialiste en écologie parasitaire. “Cet ouvrage nous adresse un message majeur : le futur commun nous oblige à réorienter les relations actuelles de nos sociétés à notre environnement naturel. Il est impératif pour la santé planétaire de préserver la biodiversité et de fonder une social-écologie de la santé et du ” bien vivre ensemble”.”

 À noter dans le programme de la journée :

  • Espace jeunesse : avec “Lire et faire lire” et la médiathèque intercommunale.
  • 14h30 : Animation jeunesse ” Louise et la poupée de madras” par Caroline Chemarin.
  • 15h : table ronde “Lliure com el vent” en hommage à Jordi Barre : animée par Virginie Barre, Jean Pierre Lacombe, Joan Tocabens et Robert Triquère.
  • 16h30 : Conférence-Dédicace de Marie Monique Robin : “la fabrique des pandèmies”.

♦ La programmation du festival Courts Circuit 66 dévoilée

Comme évoqué lors de notre précédent Cult’Hebdo, Courts Circuit 66 proposera un florilège de courts métrages français et étrangers de haute volée mélangeant les genres, les langues, les thématiques ; tantôt dramatique, tantôt humoristique. Au programme cette année, une sélection de films en provenance des quatre coins du monde. 15 courts en compétition, 3 courts sur le thème du patrimoine, 4 courts destinés au jeune public… Mais aussi deux cartes blanches, une sélection de l’institut Jean Vigo et l’autre d’Occitanie Films. Détails des séances et lieux de projections dans les Pyrénées-Orientales en cliquant ici.

♦ L’après FILAF : le voyage culturel des étudiants boursiers de la 11e édition du festival

Ce reportage retrace l’ensemble de leur aventure, au plus près de leur ressenti, au contact de leur sensibilité artistique. François-Marc, Ramzi, Emma, Nicolas, Lou et Célia étaient les heureux lauréats de la bourse étudiante, pour sa première édition. Grâce à la Fondation Antoine de Galbert, ces six étudiants étaient les invités privilégiés du FILAF durant toute la durée du festival.

“Ils ont eu la chance de participer à toutes les manifestations, que ce soit les présentations des livres et des films en compétition officielle internationale, aux discussions entre artistes, invités d’honneur et auteurs, mais aussi les multiples expositions présentes dans le centre historique de Perpignan. Les étudiants boursiers ont également fait la rencontre de personnalités influentes du monde de l’art et découvert leur art, leurs œuvres.” À découvrir sur la chaîne Youtube du FILAF.

♦ Train rouge : Châteaux du Pays Cathare et patrimoine industriel du Fenouillèdes

Le Train Rouge vous emmène à la découverte de deux châteaux du Pays Cathare. Tous les mardis jusqu’au 17 août, le château de Puilaurens accueille les passagers du Train Rouge. Après un départ dans l’une des gares, entre Rivesaltes et Axat, une navette de la gare de Lapradelle vous conduit au pied du château de Puilaurens, pour une visite libre de cette citadelle ; exemple remarquable de l’architecture militaire du XIIIe siècle (pass sanitaire obligatoire pour la visite libre du château). Sur réservation.

Le jeudi 12 août, après le trajet en train entre Rivesaltes et Maury, la navette au départ de la gare de Maury vous déposera au château de Quéribus le temps d’une visite libre ; puis direction le village de Cucugnan pour la pause-déjeuner. La journée se terminera par une dégustation des Vignerons de Maury avant de reprendre le Train Rouge à la gare de Maury. Sur réservation.

Tous les mercredis jusqu’au 26 août, pendant la halte du Train Rouge à la gare d’Axat, découvrez un site exceptionnellement ouvert au public. En partenariat avec le Train Rouge, EDF propose une visite guidée et gratuite de la centrale hydroélectrique Saint-Georges. Le trajet entre la gare et la centrale s’effectue en navette, départ à 14h et retour à 15h à la gare, sur réservation.

Informations et réservations : Tél. 04 68 200 400. www.letrainrouge.fr.

♦ L’ancienne mine d’Escaro : un musée mais aussi des randonnées

L’Association Mémoire de la mine, qui gère l’activité du musée de la Mine d’Escaro, organise des randonnées accompagnées sur les vestiges des anciennes exploitations minières de la commune. Une occasion de découvrir, in situ, la manière dont étaient extraits et acheminés le minerai de fer d’abord ; puis, jusqu’au début des années 90, le spath fluor. Couplées à une visite du musée, ces randonnées sont traditionnellement prévues pour des groupes d’au moins dix personnes.  L’une d’elles a été programmée pour le lundi 9 août prochain ; et quelques places restent disponibles.

Outre son aspect ludique et récréatif, le musée de la mine permet également – à travers les documents d’archives qui y sont conservés – de faire un grand bond dans l’histoire du prolétariat français de la première partie du XXe siècle. En attestent trois de ces cartes syndicales de la CGT datées de 1909, 1919-1920 et 1933. Dixit la page Facebook du musée de la Mine d’Escaro, “on y découvre avec amusement que les injonctions faites à l’adresse de la classe ouvrière empruntent à une phraséologie qui résonne curieusement comme celles édictées dans les Dix Commandements… On y note, aussi, que tout adhérent à la CGT doit être obligatoirement abonné au journal La Voix du Peuple. Condition sine qua non pour faire partie de la grande famille ouvrière.”

Les Mines d’Escaro © Jack Ma – Wikipédia
  • Renseignements et inscriptions préalables nécessaires au 06 27 56 00 66.
  • Comptez 3 bonnes heures de marche.
  • Prévoir chaussures de rando, chapeaux, casquettes, gourde d’eau et repas tiré du sac.
  • Pas de pass-sanitaire exigé à l’entrée du musée ; mais port du masque et respect des gestes barrières obligatoires à l’intérieur.

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